CANON : Expression populaire qui remonterait au 18e siècle en France et qui signifiait un petit verre de vin. À l'origine, un canon était une unité de mesure correspondant à 1/16e d'un litre. Aujourd'hui, l'expression un "petit canon" dans les bistros et les cafés français correspond au ballon de vin rouge ou de vin blanc servis essentiellement au comptoir .















L'homme et le vin:

A quoi peut-on comparer les hommes, demandait-on un jour à Cicéron.
Aux vins, répondit-il. Dans les deux cas, l'âge améliore les bons et aigrit les mauvais.




Histoire de fleuves:

Lyon, disait le polémiste Léon Daudet, est arrosé par 3 fleuves:
le Rhône, la Saône et le Beaujolais.




Histoire de sommelier:

Lucien Guitry, déjeunant dans un restaurant avec des amis, avait choisi un vin qui lui paraissait convenir parfaitement au menu qu'ils avaient établi. Le sommelier ne sembla guère enthousiasmé par ce choix :
Je me permets, dit-il, de vous conseiller plutôt celui-ci. C'est le meilleur de notre carte. Bien, fit Guitry, alors servez-nous le meilleur même s'il est moins bon !




Histoire de café:

Dans un café de village en France, un homme comptait et recomptait, depuis dix minutes, une poignée de petite monnaie.
Que faites-vous ? lui demanda enfin le garçon, intrigué.
Et bien Je regarde si j'ai encore soif !




Histoire de mariage:

Pendant les six premiers mois de notre mariage, raconte une pauvre dame, je ne me suis pas rendu compte que mon mari buvait jusqu'au jour où, pour une fois, il est rentré à jeun.




Vous avez dit folie?

En 1996, chez Sotheby's à Londres, a été vendue aux enchères, la cave de vin du compositeur Lloyd Webber. Les 18 000 bouteilles ont rapporté la somme record de quelques 10 millions de dollars. Cela représente un peu plus de 500 $ la bouteille. Dans le lot figuraient quelques exemplaires assez précieux. La palme revint à un magnum Romanée Conti 1971 , pour lequel un amateur déboursa 14 000 $ ! Cela représente un peu moins de 1000 $ pour un verre ! Donneriez-vous autant pour cela ?




L'antichambre de Malraux

L'écrivain André Malraux fut l'un des plus fins becs du 20ième siècle. Il fréquenta les plus grands restaurants de France, mais sa cantine préférée fut le restaurant LASSERRE à Paris qui, pendant trois décennies fut peut être l'antichambre de son bureau puisqu'il y déjeunait au moins trois fois par semaine. Il y régla toujours la facture et si René LASSERRE ne put jamais l'inviter, il lui offrît en contre partie, une cinquantaine de grands vins par an. Et lorsqu'on connaît la cave de ce restaurant, on peut facilement imaginer la valeur des cadeaux ! Notez que A. Malraux était un grand amateur de Bordeaux, dont l'un des plus célèbres, le Pétrus ( Pomerol). Il pouvait, dit-on, décrire les millésimes de ce vin, tel un sommelier.




Un grand oenologue,
Louis Pasteur :


On sait ce que la médecine moderne doit aux travaux de Louis Pasteur, mais il ne faut pas oublier que ce bienfaiteur de l'humanité rendit aussi d'énormes services à l'oenologie. À la demande de Napoléon III qui voulait savoir pourquoi tant de vins se gâtaient avant de parvenir au consommateur, le grand savant se pencha sur les mystères de la fermentation alcoolique. Il s'installa dans la maison paternelle d'ARBOIS et choisit les vins du Jura comme sujet d'étude, travaillant même in situ, sur une vigne qu'une plaque commémorative signale de nos jours. C'est à Arbois qu'il rédigea en 1878 sa monumentale Étude sur le vin ».


Sir Wiston Churchill, un homme aux goûts simples...

C'est ce qu'il prétendait lui-même, car ajoutait-il : je ne choisis que le meilleur ». En matière de Champagne, l'homme d'état avoua d'abord une prédilection pour celui de la Veuve Clicquot, mais il finit par expliquer qu'il l'avait surtout apprécié parce qu'il croyait que la grande dame du Champagne avait perdu son mari sur les champs de bataille de la Première Guerre mondiale ! Quand on lui eut expliqué ce qu'il en était, Churchill s'enticha du Pol Roger, non moins grand nom de Champagne, au point de donner ce nom à son cheval préféré !


La plus "vieille" AOC de France (Appellation d'Origine Contrôlée):

Unique cru de vin mousseux du Languedoc-Roussillon, la Blanquette de Limoux peut sans doute revendiquer d'être la plus ancienne appellation d'origine contrôlée de France, puisqu'au XIVième siècle, déjà, des ordonnances royales interdisaient l'introduction de vendanges et de vins étrangers dans cette paroisse. L'appellation officielle ne date que de 1938, mais la Blanquette de Limoux n'avait pas besoin de ce certificat pour garantir son authenticité, les vignerons du Limouxin s'étant toujours faits les garants de la tradition. Depuis deux ou trois décennies, ils ont en outre montré un beau dynamisme commercial, ce qui vaut un large succès à leur vin chantant.




Un fameux vigneron d'Anjou, le Père Cristal :
Parisien, marchand de cotonnades et quinquagénaire, Antoine Cristal ne semblait pas être appelé à un grand destin de vigneron. C'est pourtant ce qu'il advînt. En 1886, il acquît une propriété à Parnay, près de Saumur (France - Anjou) et il se fit très vite connaître en triomphant, le premier en Val de Loire, du terrible phylloxéra. Puis, dans ce pays de vin blanc, il innova en hissant le Champigny rouge au niveau des meilleurs. Bref, 20 ans après son arrivée en Anjou, Antoine Cristal fournissait la cour d'Angleterre ! Décidément doué de talents variés, le père Cristal dissimulait une âme de philosophe sous des allures bourrues et, parmi d'autres célébrités qui lui rendirent visite en son Château de Parnay, Georges Clémenceau lui voua une amitié sans faille. Pour lui, le Tigre eut cette phrase : ì Un manchot peut compter sur ses doigts les hommes qui vous ressemblent.




Château d'Yquem, la perfection ou le déclassement :
Parmi les vendangeurs du Sauternais, la pourriture noble a le visage de la perfection et, à la poursuite de cet idéal, ils sont parfois encore au travail en novembre, munis des paniers de bois caractéristiques de leur terroir, les ì baillots î. En effet, jamais ni le raisin, ni les moûts, ni le vin ne doivent être en contact avec du métal au cours de l'élaboration de ce qui est appelé à devenir le meilleur vin blanc liquoreux du monde. Quand la récolte est satisfaisante, le rendement du Château d'Yquem laisse rêveur : 9 hectolitres à l'hectare, soit tout juste un verre par pied et par an !
Ce ne fut pas le cas en 1972 et 1974, par exemple, où les descendants du marquis de Lur-Saluces déclassèrent tout simplement l'ensemble de la production.




Une marquise au fin palais :
La cour de France ne s'ouvrît que fort tard aux vins de Provence, leur ambassadrice de charme n'étant autre que madame de Sévigné, qui goûtait à la source de ses plaisirs, lors de fréquents séjours au château d'Entrecasteaux.
L'explication de cet engouement tardif tient essentiellement aux difficultés de transport de l'époque, les barriques de vin parvenant à Versailles par voie maritime et fluviale, c'est-à-dire par... Gibraltar et la Seine.




Les tartines de foie gras d'Édouard Herriot :
Écrivain à ses heures, maire de Lyon en France, plusieurs fois président du Conseil, président de la Chambre des députés (1936-1946), puis de l'Assemblée Nationale (1947-1954) et menbre de l'Académie Française, Edouard Herriot était aussi un gourmand qui explique sa corpulence d'alors. En mars 1960, le Docteur Mességué, dans un ouvrage publié chez Calman-Levy, a livré au public quelques secrets de personnalités qui l'avaient consulté. On apprit alors qu'Edouard Herriot se levait la nuit pour manger des tartines de foie gras, arrosées de Sauternes. Lorsque Mességué, surpris, dit à la servante de M.Herriot : ì ce n'est pas bon pour lui, vous devriez fermer les placards à clé... î, elle répondit : ì Mais, mon bon Monsieur, j'ai tout essayé...mais il cherche, il cherche toutes les nuits... et il finit toujours par trouver ! î




Napoléon. Contredis !
À l'Empereur Napoléon qui, buvant du Johannisberg (Riesling Allemand) chez le Prince de Metternich, déclara, ì qu'il lui servait le plus grand vin du monde î, le Prince répondit : ì Sire, le plus grand vin du monde n'est pas le Johannisberg, mais il se récolte dans un petit canton de votre Empire, à Château-Chalon... î Il parlait évidemment du vin jaune d'Arbois, mais Napoléon était plus amateur de Bourgogne.




La dégustation du Cognac, selon Talleyrand :
On raconte que Talleyrand, alors qu'il était Ministre des Affaires étrangères de l'Empereur, avait fait servir après un dîner diplomatique, une Fine Champagne de très grande cuvée et qu'il avait été scandalisé par la conduite d'un des convives, avalant d'un trait le précieux breuvages. (Ce n'est pas Fouché, comme le montre Edouard Molinaro dans son film, Le souper .)
S'approchant de son invité, il lui fit remarquer qu'un alcool de cette qualité a droit à des égards.
Puis-je vous demander de m'apprendre à l'apprécier î, s'enquit le coupable.
Volontiers î, répondit Talleyrand en le servant une seconde fois.
Prenez votre verre dans le creux de la main, réchauffez-le, puis au bout de 4 à 5 minutes, imprimez-lui un léger mouvement circulaire, enfin penchez-vous vers lui et humez la précieuse eau-de-vie.
Et ensuite, Monseigneur ? î
Ensuite ? Quand on a sacrifié à tous ces rites, on pose son verre et... on en parle !


La route du danube :
Si la culture organisée de la vigne s'est développée en Alsace dans le sillage des légions romaines parcourant le Rhin, une activité de cueillette existait depuis les temps préhistoriques. Il est en outre probable qu'avant l'arrivée des Romains, des plants sélectionnés avaient été acclimatés par des bergers-vignerons venus du Danube. Cette même route a, par la suite, permis au Tokay de prospérer en Alsace aussi bien qu'en Hongrie, sans que l'on sache dans quel sens s'est fait l'échange : le symbole en est, à Colmar, la statue du baron Lazare de Schwendi tenant un cep de cette variété.


De la contribution des chasseurs aux vins de Sauternes et de Barsac :
Le fabuleux Sauternes, ce vin couleur d'or où, selon François Mauriac, " flambe toujours le soleil d'un lointain été ", est né sans doute autant du hasard que du travail des hommes. Chaque visite d'un des châteaux du Sauternais est l'occasion d'en apprendre un peu plus sur les circonstances qui ont entouré la découverte du secret de ce vin de réputation mondiale, et tant mieux si ce ne sont là que des légendes ou histoires enjolivées.
La version la plus connue est evidemment en rapport avec le château d'Yquem : on y raconte qu'en 1846, le marquis Bertrand de Lur-Saluces, s'étant attardé en Russie à la chasse à l'ours, ne put donner à temps à son intendant l'autorisation de vendanger. À son arrivée, le raisin avait piètre allure, mais, ô miracle, s'en dégagea un sublime vin de liqueur que, juste retour des choses, les grands-ducs de Russie allaient l'année suivante se disputer à plus de 20 000 francs-or le tonneau.
On dit aussi dans le pays que le moment des vendanges coïncide malheureusement avec le passage des palombes, donc de la chasse et que, ne parvenant pas à concilier leurs deux passions, les vignerons en vinrent à négliger parfois de récolter en temps voulu le fruit de leurs vignes, découvrant du même coup les bienfaits de la pourriture noble.


Le " Biou " d'Arbois :
Le " Biou ", c'est tout simplement le beau. Le plus beau raisin des vendanges dans le Jura, celui qu'on offre cérémonieusement à Saint Just, le patron d'Arbois. Et comme on ne trouve jamais de grappe assez belle, on assemble des dizaines d'entre elles jusqu'à former un fruit gigantesque dont le poids, proportionnel à la récolte, a parfois approché les 100 kg. Porté à l'épaule par quatre vignerons, le " biou " est amené de la maison de Pasteur à l'église d'Arbois en cortège. Là, il reçoit la bénédiction du prêtre, avant d'être suspendu à la voûte du sanctuaire.




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