Être ou ne pas être chroniqueur en vins au Québec – Appelez cela comme vous voulez..

Marc-André Gagnon aura donc été le premier parmi les chroniqueurs de vins et d’alcools au Québec à judicieusement réagir  à l’article de Karyne Duplessis-Piché qui a révélé la mauvaise foi de la SAQ dans ce qu’on appellera désormais l’affaire Suckling sur laquelle je ne reviens pas. (Article de M. A. Gagnon) (Article de K. Duplessis-Piché)

Toutefois, Marc-André Gagnon creuse encore le sillon en signalant l’hypocrisie, l’abus, la malhonnêteté, l’intérêt, la négligence – appelez cela comme vous voulez – de consommateurs de vins qui rayonnent habituellement en tant que chroniqueur, journaliste, conférencier, enseignant, expert, auteur – appelez cela comme vous voulez – qui font les marchands et les porte-paroles de vin ou d’appellation pour… Pour quoi finalement ? Pour mieux vivre, simplement.

Cette révélation, cette dénonciation, ce résultat, ce constat – appelez cela comme vous voulez – ne sont que la conséquence d’un état (sans jeu de mots) : le monopole de commercialisation des alcools dans la province: la SAQ.

Tout tourne autour du monopole, tout ne peut tourner qu’autour du monopole au Québec. Il est comme une ruche autour de laquelle des centaines d’abeilles tournent, pénètrent, nourrissent, fécondent, quittent. Les abeilles ont besoin de leur reine pour survivre, elles ont besoin de la ruche pour survivre. Les abeilles, c’est nous: le citoyen avisé ou le citoyen naïf, le consommateur de vin ou l’abstème, le chroniqueur de vin, le journaliste, le vrai, le faux, l’agent de vin, le bon, le mauvais, le producteur de vin, le bon, le mauvais, appelez cela comme vous voulez.

On tourne, on bourdonne, on courtise, on fuit, on abandonne, on revient, on alimente, on gravite inexorablement autour de la ruche SAQ comme la terre le fait autour du soleil. Sinon… Sinon quoi ? Sinon, on stagne, on tombe, on s’essouffle, on s’épuise, on meurt – appelez cela comme vous voulez.

Alors quel est le sujet finalement ? Celui du journalisme ? Celui de la déontologie ? Qui est journaliste parmi les chroniqueurs de vins au Québec ? Je n’ai pas écrit Qui a une carte de journaliste ? J’écris Qui a fait une école de journaliste parmi les chroniqueurs de vins au Québec ? Presque personne! Je n’en connais que deux et ils n’ont pas de carte de journaliste!

J’en ai une! Je n’ai pas fait d’école de journalisme. J’écris depuis 20 ans sur le vin, les alcools, la gastronomie. J’écris des chroniques, j’écris des livres. Je me présente en tant que chroniqueur et auteur, on me prête parfois le titre de journaliste – appelez cela comme vous voulez.

Ma déontologie ? Respecter mes collègues chroniqueurs qu’ils soient journalistes ou non, qu’ils soient bons ou mauvais. Respecter mes collègues chroniqueurs qu’ils soient vendeurs ou porte-paroles d’une marque de vin ou d’une appellation. S’ils dorment mieux ainsi, tant mieux pour eux.

Je dors mal, mais je ne dors pas mal à cause d’eux, je dors mal à cause d’une ruche qui n’a pas confiance en ses propres abeilles, qui les méprise au point de les chagriner, de les fatiguer, de les balader, de les tromper, de les négliger – appelez cela comme vous voulez.

 

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