Des vins du Québec trop rapidement commercialisés…

Je l’ai déjà écrit: les chroniqueurs spécialisés dans le vin au Québec reçoivent de plus en  plus de produits alcoolisés québécois depuis que la SAQ leur a ouvert les portes. Et c’est tant mieux!

Même si ce sont toujours les mêmes vignobles ou cidreries qui nous envoient leurs produits artisanaux -  il n’y en a pas encore assez -, cette démarche doit se poursuivre, car nous pourrons ainsi mieux faire connaître aux amateurs ce que la province du Québec a à offrir en la matière.

Toutefois, les vins du Québec (davantage que les cidres) sont trop tôt commercialisés par leur élaborateur; c’est à dire qu’ils sont trop tôt envoyés sur les tablettes de la SAQ par ces derniers. Et même lorsque nous achetons le vin directement au vignoble, certaines surprises nous attendent.

Pourquoi écris-je cela ?

Parce que sur la vingtaine de bouteilles reçues en 2011, 6 étaient en phase de refermentation (!) dont 2 avec le bouchon au tiers de leur longueur, sorti du goulot!

Et le phénomène n’est pas récent, puisqu’une bouteille de vin de glace du millésime 2005 d’un vignoble des Cantons de l’Est ouverte à Noël (et gardée dans la cave depuis 2008), a également présenté un bouchon poussé par du gaz carbonique. Et ce vin, devenu un « frizzante de glace » a forcément déçu l’assistance!!

Or, lors des deux derniers grands rendez-vous publics du vin à Montréal – Le salon des vins et fromages du Québec et La grande dégustation de Montréal – où l’on a pu déguster de nombreux produits locaux, j’ai été confronté à du scepticisme dans le comportement, voire un regard vexé ou fâché de la part des vignerons de la belle province auxquels j’en parlais.

Comme si j’étais là pour les provoquer ou véhiculer des commentaires nuisibles !!

Tous les chroniqueurs de vins au Québec ne sont pas des amateurs des vins locaux, certes. Certains d’entre eux – j’en fais partie – les apprécient, les défendent, encouragent l’industrie et même, font le tour de la province pour mieux les connaître.

Toutefois, il faut que les vignerons québécois reconnaissent les carences de certaines pratiques, car après tout, ce ne sont pas ceux qui ont une tribune pour critiquer les vins qui sanctionnent leurs ventes, ce sont uniquement les consommateurs qui achètent un vin une première fois par curiosité, y reviennent par tentation ou s’en détournent par déception.

J’espère donc qu’en 2012, nous goûterons des vins du Québec sans élaboration précipitée, à point commercialisés, afin d’en mieux parler et surtout, d’en boire davantage.

 

This entry was posted in M. Bulles. Bookmark the permalink.

3 Responses to Des vins du Québec trop rapidement commercialisés…

  1. MP says:

    Sans doute une question de maîtrise et de suivi des procédés, de l’achèvement des vins et de contrôle de la stabilité avant mise en marché plus que de « vieillissement ». De nombreux vignobles ont ouverts leurs portes ces dernières années, une vague comme à la fin des années 90s.

    Autrement, j’ai vécu la même aventure avec un achat de septembre (refermentation) bu à Noël.

  2. Serie Decantee says:

    Très bien dit. Je suis entièrement d’accord. Malheureusement, les vins québecois qu’on retrouve à la SAQ ne sont pas nécessairement le reflet de la qualité de certains produits qui sont produits ici.

  3. admin says:

    Excellent Guenael. La note juste (encore une fois). Bravo ! Même pour les vins ‘’Proof is in the pudding’’ !
    Avec tous mes voeux pour que 2012 soit un grand millésime dans votre vie !

    Michel.

    Michel P. Busch
    Directeur administratif, Directeur de la restauration
    Fairmont Le Reine Elizabeth/tel: 514.954.2211/fax: 514.954.2873
    http://www.fairmont.com / http://www.beaverclub.ca

Laisser un commentaire