Qui interpelle d’abord par la forme de sa bouteille : trop marginale et tape-à-l’oeil pour les amateurs de vins qui, l’adage à l’esprit – l’habit ne fait pas le moine – s’en éloignent, mais qui, pour le profane, s’en approche et en croque parce que ça épatera les invités.

Dégustée plusieurs fois au cours des années passées, cette méthode charmat au dosage sensible du Trentin (Italie) ne m’avait jamais impressionnée. Il semble d’ailleurs que la plupart de mes confrères (et -soeurs) de la presse ait eu la même opinion, puisque les papiers ont été très rares.
Pour les besoins du « Guide des champagnes et des autres bulles », j’aime m’entraîner à déguster à l’aveugle (ou anonymement comme le disent plus logiquement certaines langues au Québec): un ami choisit pour moi quelques bouteilles pétulantes sur une thématique (la région, le cépage, la méthode, le millésime, le tarif, etc) qu’il m’offre à tester…
Et parmi la dernière ligne de 6 vins effervescents qui ont paradé devant moi, se trouvait un verre du Voga mousseux que j’ai placé en tête assez rapidement, dois-je l’écrire. La thématique fut : Italie /méthode charmat/ hors Prosecco.
Cette bouteille à la silhouette flagorneuse est sortie première, devant des silhouettes classiques de mousseux toscans, lombards et piémontais!
Pourquoi? Parce qu’elle a présenté un équilibre – qu’elle n’avait pas il y a 3 ans selon d’anciennes notes – tant dans le fruité (agrumes et biscuits) que dans le comportement de son effervescence depuis l’attaque jusqu’à la finale. Les autres mousseux n’étaient pas mauvais; seulement moins plaisants. Et après tout, le plaisir doit être le premier critère lorsqu’on a le vin en bouche, non ? Bref, le Voga mousseux est simple, bien fait et finalement abordable, même s’il pourrait l’être davantage, car pour le coup, ici, on paye la forme du flacon et non l’appellation !
Pinot grigio – Voga – Mousseux – Italie – 7 euros en Europe – 22,60 $ au Québec