Mardi 24 août 2010 – Salle de dégustation Matière Brute – Rue Saint Denis – Montréal
Roland Olvers, Directeur commercial export de la cave coopérative languedocienne Val d’Orbieu et Jean-Pierre Mazard , vigneron adhérent de la cave (et propriétaire en Corbières du Domaine Serres-Mazard) nous ont offert une verticale de 10 millésimes de la Cuvée Mythique, vin rouge d’appellation Vin de Pays d’Oc, le haut de gamme de la cave.

Voici mes commentaires de dégustation du plus jeune vin au plus ancien:
2008
Encore non commercialisé, ce millésime sera vendu au Québec cet automne.
Intense et globalement fumé au nez comme en bouche, le fruité est très rouge (cerises, airelles) et acidulé, il empiète encore sur le boisé de l’élevage légèrement perceptible. Les tanins sont fermes et serrés. C’est un vin encore brut et incisif qui sera plus enrobé vers 2011.
15/20
2007 – disponible à la SAQ pour 18,70 $
Malgré une année difficile, la cave a réussi ce vin qui se montre prêt à boire actuellement. À la fois épicé et animal, plus cacaoté que torréfié dans les flaveurs qui couronnent un fruité noir (mûres, cassis), les tanins sont gras, toutefois la texture se montre veloutée, agréable. À essayer sur un jarret d’agneau confit aux herbes de Provence qui rappelleront celles de la garrigue qu’on perçoit lorsque le vin est au repos.
16/20
2005
Nez mature, légèrement oxydatif, les effets du temps occultent le fruité qui est davantage cuit que mûr, des arômes de cuir, voire de civette se laissent capturer. La texture est satinée, fluide, toutefois abrupte et asséchée en finale. Un vin dans une phase de dormance qui néanmoins sera à boire avant 2012.
14/20
2001
Évolué et oxydatif au nez, tout est confit ou cuit dans le fruité (pruneaux, café froid, caramel brûlé), le vin est ample en bouche, certes satiné, mais il file sans acidité et finit sa course sans grande longueur aromatique. Testé par ailleurs au cours du repas sur la queue de boeuf braisée, il regagnait en fraîcheur, les tanins se montraient plus dominants rendant l’ensemble agréable. À boire immédiatement si vous en avez en cave.
13/20
1999
Très évolué, voire fatigué, les arômes de pruneaux dominent nettement, des accents de Porto trop longtemps aérés occultent même ceux de cuir et de champignons. L’ensemble est soyeux, mais coulant. Le temps semble l’avoir trop caressé.
12/20
1997
Bien plus frais que les 1999 et 2001, quoique également évolué dans les arômes, il montre des accents de confiture de fruits noirs, de pruneaux dont l’acidité encore présente soutient toute la dégustation. À la fois charnue et soyeux, il enveloppe agréablement les papilles, c’est un bon vin à boire aujourd’hui.
15/20
1996
Discret, voire fermé au nez, puis poussiéreux, c’est en bouche qu’il séduit. Satiné, plus net dans ses arômes de torréfaction dominant ceux de fruits secs et de sous-bois, il démontre son âge et le comportement classique des vins qui ont 15 ans et plus. Très agréable à boire.
15/20
1995
Plus grillé que la plupart des autres millésimes, plus puissant aussi, on perçoit l’impression de l’alcool des vins mutés. On s’attend à un vin robuste et cependant, il présente un comportement léger, voire mou en bouche. Les arômes dominent nettement la structure. L’ensemble est satiné, juste agréable.
14/20
1993
Tout apparaît tuilé dans ce vin: la robe, les arômes (cèdre, thé, tabac) et le comportement à la fois chaleureux et complexe. La texture est tendre et ample, tout est mature, c’est sans doute de tous les vieux millésimes dégustés, celui qui est le plus prêt à boire.
15/20
1991
Mature (noix, champignons, charbons, pruneaux) et curieusement iodé dans ses effluves, quelque peu épicé, il se distingue surtout par sa texture soyeuse. C’est un vin dont on sent l’ossature puissante d’autrefois, aujourd’hui fragile. Pour ses 20 ans, il étonne agréablement.
14/20