Le 6 juillet dernier, une équipe suédoise découvrait une cargaison de bouteilles dans un vieux navire sans nom en mer Baltique. 2 semaines plus tard, un communiqué de presse illustré par une vidéo avise le public que les bouteilles seraient des flacons de champagne datant des années 1780 et surtout, identifiés d’une ancre sur les bouchons. Or, la maison de champagne Veuve Clicquot Ponsardin utilise cet objet à titre de logo depuis sa fondation par Philippe Clicquot en 1772.
La maison ne porte son nom actuel que depuis 1810. Elle a d’abord vendu ses flacons sous le nom de Clicquot-Muiron, puis Clicquot Fils et Clicquot-Fourneaux pendant ses 35 premières années d’existence qui furent timides en raison de la période de crise révolutionnaire que traversait la France.
Le chef de l’expédition de plongeurs a affirmé qu’il s’agissait d’une bouteille de Veuve Clicquot Ponsardin d’alors.
En analysant la brève vidéo de la bouteille et de son bouchon, il me semble cependant y voir « une silhouette anachronique »:
la forme est très régulière, trop bien dessinée pour une bouteille de cette époque,
la couleur verte et uniforme du verre ne correspond pas à la couleur noire et inégale des bouteilles d’alors,
la contenance semble être de 75 cl, tandis qu’elle devrait être celle d’une « pinte française ou dite de Paris » d’environ 94 cl,
le goulot est particulièrement bien dessiné et semble très solide pour l’époque,
le bouchon présente un miroir marqué d’écritures alors que les premières sont apparues au milieu du XIXème siècle.
Seule la piqûre de la bouteille (le culot) correspond aux normes de la période.
Les laboratoires de Moët-Hennessy ont reçu une bouteille et son bouchon dit-on.
J’ai bien hâte de connaître les résultats de leur analyse d’authentification…
Pingback: Le petit canon » Blog Archive » J’avais raison!