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Le vignoble du Québec passe la vitesse supérieure
jan 28th, 2010 by admin

On peut honnêtement reconnaître que les vins du Québec, toutes catégories confondues, ne jouaient pas dans la cour des grands il y a 15 ans. Combien de fois ai-je entendu de proches ou de collègues sommeliers et journalistes, suite à une visite de vignobles québécois et de dégustations de leurs vins: “les vins étaient mous, ça sentait la basse-cour, ça sentait le soufre, on a pas eu de plaisir en dégustant ou encore, j’ai eu mal au crâne suite à la visite, etc, etc…” Ça, c’était il y a 10 ans et plus.

Quel progrès depuis !! Quels changements aussi bien tangibles dans le vignoble que dans les infrastructures, et le plus important, dans la qualité des vins !! Parce qu’il faut le signaler aussi, le savoir-faire des vignerons a également évolué…

La Société des Alcools du Québec (SAQ) - merci à Linda Bouchard et André Caron - invitait ce jeudi 21 janvier 2010 quelques chroniqueurs (spécialité vin) à déguster une sélection de vins du Québec, en présence de leurs vignerons, prêts à recevoir nos commentaires et à fournir les informations désirées.

Globalement, tous les vins blancs secs dégustés ont dévoilé une bonne qualité à travers des caractéristiques gustatives nettes, franches, presque typées; c’est à dire propre à leur(s) cépage(s), la notion de “terroir” étant encore difficilement perceptible. En bref, le vin blanc québécois aujourd’hui est plaisant, il garantit du plaisir en bouche, on ne l’achètera plus pour encourager la viticulture locale, mais bien parce qu’on en a envie, parce qu’on sait qu’il est bon.

Quant aux vins rouges dont la production québécoise augmente au point d’avoir dépassé celle des vins blancs - simplement parce que le consommateur est aujourd’hui plus rouge que blanc - ils n’offrent toujours pas autant de plaisir que les vins blancs. Sauf quelques cuvées (commentaires à venir), ils sont soit herbacés (rafles), soit oxydatifs (incompréhensible!), soit sur-boisés (copeaux mal utilisés), leurs caractéristiques communes étant le manque de structure et de fruité fraîchement défini. Cependant, là aussi, l’évolution depuis 10 ans est nette, donc encourageante. De là, à penser que le Québec offrira des vins rouges aussi bons et surtout, aussi authentiques que ses blancs, je n’y crois pas. L’apport de cabernets - venus d’ailleurs - est perceptible. L’environnement climatique du Québec sert la typicité des cépages blancs locaux, mais il dessert celle des cépages rouges.

Je le répète, les vins blancs secs du Québec sont aujourd’hui francs, nets, équilibrés, simples et plaisants. Du moins ceux que nous avons goûtés ce jour dont le point commun sera, d’ici quelques semaines, d’être le fruit de vignerons professionnels solidaires travaillant dans le respect d’une certification de qualité.

Je garderai de cette dégustation la transparence affichée des vignerons par rapport à leur choix de cépages et à leurs  méthodes de travail - ce qui était opaque il y a 15 ans - et enfin, l’humilité et la clairvoyance quant à la qualité de leur vin.

Le “raisonnable” semble être, pour la décennie 2010 qui s’amorce, l’embrayage de certains vignerons québécois.

Vignobles présents :

Domaine des Côtes d’ardoise

Domaine du Ridge

Vignoble Sainte Pétronille

Vignoble Les Artisans du terroir

Domaine Les Brome

Vignoble de l’orpailleur

Vignoble du Marathonien

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